Les choristes ont écrits
Nous aussi Pepin on t’aime.
        Les Germes de Pépin Depuis ma naissance, donc depuis près de 40 ans (mon Dieu, j’ai honte de l’avouer !)je suis passée devant lui un nombre incalculable de fois. Des voitures, des coups de klaxons sauvages, des armadas de pigeons qui se soulagent sur sa tête, un petit bassin sur lequel les enfants ne naviguent plus depuis belle lurette…  

      Bref, plus aucun respect de la part de la ville qui l’a vu naître. On passe devant lui sans le voir, on est toujours pressés, on essaie de ne pas se faire écraser en traversant, et on l’ignore effrontément…
   
       Et puis soudain, l’arrivée du trambalan ou plus exactement le retour, 60 ans plus tard. Des tonnes de gravats et de poussière, la mise à jour de vieux vestiges, témoins d’un passé prestigieux –tiens, Nice n’a pas toujours été une ville de casinos et de palaces quatre étoiles pour touristes fortunés ?

      On le recule alors de quelques mètres, pour laisser place à l’engin à sonnettes. Oh malheur, il va s’écrouler ! Mais non, il est toujours là, imperturbable, l’air toujours aussi noble et altier, malgré les années d’humiliation et d’indifférence. Les travaux sont terminés, presque plus de voiture autour, on redécouvre sa blancheur éclatante, sur fond d’arcades à l’italienne. Il est toujours là, plus beau que jamais, on peut enfin s’asseoir près de lui, lui tourner autour sans devoir prier Dieu qu’un fou furieux ne nous fauche pas au passage. Enfin, quel bonheur ! Tiens, on pourrait presque lui chatouiller la barbe, à condition d’être perché sur des échasses…

      Mais qui est-il ? Les Niçois m’auront compris depuis longtemps: mais oui c’est lui, le héros des 2 mondes en personne, l’homme qui conquit l’Europe toute entière, et les lointaines contrées là-bas, de l’autre côté de l’océan. Vous me parlez de Zapata, de Che Guevara ? Peuh, mais il les a précédés de près de cent ans ! Il se battra toute sa vie durant pour la liberté et contre l’oppression des peuples, et il ramènera même dans ses bagages, une belle indigène à la peau ambrée, qui l’aimera jusqu’à en mourir. Eh oui, sa vie est digne des meilleurs romans d’Alexandre Dumas. Pourtant en France et contrairement à l’Italie son pays d’origine, pratiquement personne ne lui rendra hommage, pour le bicentenaire de sa naissance et trop peu de gens à mon goût, même dans sa ville natale. Ce pays a donc à ce point la mémoire courte ?
     

       Heureusement nous nous étions là, (1) et, sans aucune mauvaise publicité, nous avons transpiré et chanté merveilleusement bien pour lui. Jamais je n’oublierai la salle debout, criant sa joie et sa reconnaissance, jamais je n’oublierai l’émotion qui me parcourait tout le corps, pas plus que le son de cette extraordinaire musique. « Adieu Nice que j’aime … ». Maintenant quand je te passe devant, je te fais un clin d’œil et un sourire entendu : nous aussi Pepin on t’aime et sois tranquille, les vrais Niçois de cœur t’auront toujours dans le leur.

 Véronique Milardi    (choriste) 08/2008


   (1) Allusion à « Garibaldi », livret musical écrit et composé par Jean-Marie Rainaud et Albert Tosan, arrangement musical de Romain Mussault interprétée par l'harmonie des Sapeurs-Pompiers de la ville de Nice, le chœur des Voix de Nice.....représenté à l’Opéra de Nice aux mois de Juin 2007 et 2008, dans le cadre des cérémonies du bicentenaire de la naissance de Giuseppe Garibaldi.
 
 
La Presse
Le Petit Niçois
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            Nice Matin

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