Nos choristes ont écrits
 
L'Opéra vu par le neveu de Dan
C'est Manu (16 ans) qui vient d'assister à la représentation de Napoléon III à l'opéra et qui en fait un résumé, très personnel, à son copain Ludo (17 ans)

       En gros, ça raconte la vie de Napoléon, mais pas le petit corse, lui tu le connais, non le neveu, Louis… il a fait la révolution, moi je croyais qu'elle avait eu lieu en 1789, mais celle là elle se passe en 1848, j'ai dû louper un épisode de la série…
       Au départ, ça parle de barricades, de liberté, de république, d'esclaves… un vrai mesclun.. mais ce napo c'est une star… le premier président, le dernier empereur..
     Il y avait aussi deux autres mecs, un gentil et un méchant mais j'ai pas tout compris ce qu'ils racontaient…et deux nanas, une blonde et une brune. La blonde elle aime Louis mais elle pousse la brune dans ses bras et après elle râle… tu me suis… elles n'ont pas changé les meufs… et tout ça en chantant…. oui monsieur…
     Y avait aussi un mec sur la scène qui parlait entre deux chansons et qui racontait ce que les autres ne chantaient pas !!! et que je te parle de géographie… Waterloo, Angleterre, Etats-Unis, Jura et d'histoire.. Thiers, Antiquité, Rome, César…
     Question musique c'était plus fanfare que Lady Gaga… la grosse artillerie que te réveille un mort, des pompiers musicos on aura tout vu…

      A l'acte suivant Napo il kiffe Eugénie (la brune) mais elle, elle veut se marier, par question d'un simple flirt.. et pourtant le gentil (ou bien le méchant je ne sais pas lequel.. ) le met en garde, attention, c'est pas une meuf pour toi, elle saute sur tout ce qui bouge.Mais Napo il est têtu, il veut la fille, l'épouser et en faire son impératrice et la blonde qui continue à faire sa jalouse…
      Après ça devient glauque, limite gore… Louis parle de Solferino, un bled en Italie où la mafia locale à exterminé des autrichiens.. et vas y que je te décris les cadavres, le sang, la moelle, les os, les yeux…on se serait cru dans un épisode d'Urgences…
     Je me suis endormi quand le chœur a attaqué un chant dans une langue inconnue.. non même pas du verlan… et je me suis réveillé quand le méchant (ou le gentil) danse avec la brune… Il en profite que Napo soit pas là pour essayer de lui piquer sa femme….

     Et là, un mec sorti de nulle part, sûrement un intermittent du spectacle, se met à faire son coming out en criant : je suis gay, je suis gay, soyons gays il le faut… mais on s'en fout de sa vie, chacun fait ce qu'il veut de son corps…
     Ils l'ont chassé de la scène mais il est revenu un peu plus tard et là, il entendait des bruits de bottes, pourtant il y avait le silence dans la salle, complètement relou le vieux… Puis le trio infernal, Napo, la blonde et la brune tchachent pas mal de temps, ils connaissaient pas Internet et le téléphone portable, ça leur aurait sûrement simplifié la vie…

     A un moment la fanfare jouait la Marseillaise, comme au stade de France alors j'ai voulu me lever, mais comme personne ne bougeait je me suis rendormi dans mon fauteuil.. ça commençait à être longuet cet opéra..

     Enfin, Napo il est malade, il va mourir, il ne finit pas de mourir, et il parle encore et toujours.. il ne veut pas mourir ici, il veut mourir ailleurs.. il n'est pas content de son sort.. il a mal partout mais il continue à chanter, un truc de ouf…

     Et là, je m'étire et machinalement je regarde vers le plafond et je m'aperçois… qu'il y avait le texte qui défilait sur un écran, comme à la télé… la crise, je n'avais qu'à lire pour tout comprendre…

     Enfin, malgré tout ce fut une soirée super cool.

"Retranscrit " par   Dan Séméria
Il ne m’inspirait pas plus que ça…
     Lever de rideau, l’Empereur arrive !

     Napoléon III, je dois bien avouer qu’il ne m’inspirait pas plus que ça…

     D’abord il est assez méconnu de l’Histoire de France : de lui, on sait vaguement qu’il était le neveu de l’autre, que Victor Hugo l’avait en horreur, qu’il était de surcroît marié à une Espagnole hautaine, et que Paris se transforma et se modernisa sous son règne, avec l’aide d’un certain baron Haussmann. Et c’est à peu près tout.

     Je dois d’ailleurs ajouter que ce personnage m’inspirait d’autant moins que son célèbre tonton, dont on nous a par contre rebattus les oreilles à l’école depuis la maternelle, était pour moi avant tout symbole de deux mots honnis de l’Histoire : « guerre » et « dictature ».

     Quant à savoir que ce vague Napoléon troisième du nom avait un rapport quelconque avec ma ville (oui bon d’accord, y a un boulevard à son nom mais ça prouve pas grand-chose…), je l’ignorais totalement jusqu’à cette sorte d’hystérie collective qui nous atteignit au moment de célébrer le 150è anniversaire du rattachement (ou annexion, mettez ici le terme que vous préférez) de Nice à la France.

     Entre les pro et les anti Napoléon, les pro et les anti Cavour, sans compter ceux qui reprochent à Garibaldi son soi-disant immobilisme sur cette question… bref, j’ai bien été forcée de finir par m’y intéresser… Et ici les Niçois comprendront bien de quoi je parle : on ne nous a JAMAIS appris à l’école l’Histoire de notre beau Comté, pourtant si riche. Censure volontaire de la République ? Simple (grave) oubli ? On ne le saura jamais.

     Toujours est-il qu’ils avaient beau jeu, ceux qui nous reprochaient de n’être qu’une « ville touristique bling bling ». Jusqu’à très récemment nous n’avions rien à leur répondre, ne pouvant mettre en avant le passé si prestigieux de notre ville et des ses habitants, totalement éloigné de cette espèce de « paradis pour milliardaires » qu’ont en tête beaucoup trop de gens…

      Donc, tout ça pour en arriver où chers lecteurs ? Au fait qu’un opéra sur Napoléon III [1], ça ne me disait vraiment rien, et qu’après toute une année de répétitions –plus ou moins- laborieuses, je n’avais guère envie de l’interpréter. Avoir célébré notre cher « Pepin » [2] à l’occasion du bicentenaire de sa naissance là oui, il n’y avait pas photo, c’est notre héros à nous autres nissarts, quelle joie cela avait représenté ! Mais cet Empereur des Français qui n’avait d’autre mérite que celui de nous avoir en quelque sorte « acheté », vraiment non, quel intérêt ?!? Et pourtant, je ne saurais vous dire comment ni pourquoi, encore une fois la magie a opéré…

     Ce fut un spectacle magnifique et à nouveau comme il y a deux et trois ans, l’émotion m’a étreint, j’étais ravie, heureuse, aux anges… Est-ce grâce au fabuleux talent de mon chef et de celui de l’orchestre des pompiers, aux paroles si furieusement romantiques et envoutantes de Jean-Marie, à ces merveilleux solistes à la voix d’or qui nous ont fait l’honneur de nous accompagner ? A la personnalité si attachante de l’interprète de Napoléon, qui a même réussi l’exploit de me faire apprécier –ne serait ce qu’un instant- l’Empereur ? Sans doute un peu tout cela à la fois.

      Et je n’ai qu’un seul mot à leur dire à tous : MERCI, merci du fond du cœur de m’avoir fait vivre une fois de plus une telle magie, et pardon d’avoir parfois un peu rechigné à la tâche, même si je n’en ai rien montré. M’avoir fait connaître et même aimer Napoléon III ? Ouah rien à dire, c’est vous qui êtes des Empereurs…

    Véronique MILARDI (choriste)



 Nòtas [1] « Napoléon III » : œuvre musicale créée en 2010 par Albert Tosan et Jean-Marie Rainaud,arrangement musical de Romain Mussault interprétée par l'harmonie des Sapeurs Pompiers de Nice,le chœur des Voix de Nice et cinq solistes. [2] « Garibaldi » : Œuvre musicale créée en 2007 par Albert Tosan et Jean-Marie Rainaud, arrangement musical de Romain Mussault interprétée par l'harmonie des Sapeurs Pompiers de Nice,le chœur des Voix de Nice , un cœur d'enfants et deux solistes
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